Je suis un geek de l’apprentissage, et pendant longtemps j’ai cherché à optimiser à la seconde près la façon dont j’apprenais les langues. Voici l’histoire de mon erreur.
J’ai bûché et mis en pratique tous les concepts pertinents qui nous viennent des sciences cognitives : répétition espacée, comprehensible input, feedback continu, rappel actif… et tout cela avec un certain succès. Si vous ne connaissez pas ces concepts, je ne peux que vous recommander de vous y intéresser (en commençant par des livres comme Make It Stick pour la partie généraliste, et Fluent Forever pour les langues en particulier).
Mais il y a quelques mois, je me suis rendu compte que cette obsession de la performance cachait un angle mort.
En réalité, quand on cherche à optimiser son apprentissage, il y a deux directions pour le faire :
• l’optimisation “micro” consiste à tirer le plus possible d’une séance donnée
• l’optimisation “macro” implique de prendre du recul et de placer son apprentissage dans un contexte global, celui de nos vies personnelles.
Et si à un niveau micro, optimiser se résume à faire plus (plus de flashcards, appliquer plus de concepts des sciences cognitives, pratiquer plus…), à un niveau macro, on peut être amené à devoir faire moins.
Consommer moins de contenu pour ne pas se saturer le cerveau et laisser assez d’espaces aux nouvelles choses à assimiler.
Pratiquer moins pour se laisser suffisamment de repos et avoir l’esprit clair.
Faire le ménage dans sa vie pour supprimer les distractions inutiles.
Je me suis naturellement tourné davantage vers la solution micro durant mes premières d’optimisation. Et si vous êtes d’un naturel exigeant envers vous-même, je parie que vous êtes pareil.
En y réfléchissant, la raison de cette négligence est très simple : c’est que l’optimisation macro demande de faire des choix forts.
Des choix qui vous impactent au quotidien et peuvent changer votre trajectoire de vie :
• abandonner une activité que vous aimez pour vous libérer du temps
• mettre une langue au second plan, le temps de progresser dans une autre
• revoir à la baisse ses objectifs lorsque l’on a d’autres préoccupations plus urgentes dans sa vie
L’optimisation macro est la plus difficile à mettre en place, mais elle amène une paix d’esprit qu’on ne peut pas trouver en accumulant seulement les heures de travail.
Depuis que j’ai compris qu’il me manquait ce type de travail, j’ai fait de nombreux choix qui ont changé ma vie quotidienne : j’ai arrêté d’utiliser Spotify, bloqué tous mes réseaux sociaux sur mon telephone, remplacé mes notes digitales par un système analogique, et mis le Russe en pause pour me concentrer sur l’Italien jusqu’à passer une certification.
Des décisions difficiles (surtout au début) mais qui ont payé sur mon bien-être général et mes performances d’apprentissage.